mars 30, 2016

Château de l’Étoile

Le Cerro de Sopeña fut le centre du pouvoir de l’Alto Palancia pendant plus de 1000 ans, seulement habité par des rois et des nobles, entouré de murs épais, de tours de surveillance et d’hommes armés pour sa défense. Son aspect actuel, ne rappelle en rien à l’image idéalisée qui nous est parvenue à travers le retable du maître-autel de la Cathédrale.

Aux côtés des restes de la dernière reconstruction, déjà au XIXème siècle, en pleines guerres carlines, s’élèvent sur son sommet, des nombreux pins, d’un certain âge, servant seulement à faire de l’ombre sur une promenade merveilleuse qui le parcourt, et qui en fait à nouveau en l’endroit le plus exceptionnel de Segorbe, mais avec une différence notoire par rapport à d’autres époques : cette fois il n’y a plus de rois ni de nobles en proie à leur destin, mais des citoyens à pied cherchant la caresse du vent au printemps, l’ombre qui sourit toujours en été, le son que le pas lent produit sur les feuilles de l’automne, ou bien encore de la solitude du silence des hivers.

Les trouvailles archéologiques les plus anciennes permettent de dater les premières implantations humaines du Cerro de Sopeña à 1 500 avant J.-C. bien qu’il n’y ait pas de références écrites concernant cette occupation avant le VIIIème siècle, déjà à ce moment sous domination arabe, et l’on suppose qu’auparavant étant donné leur situation stratégique, les Ibères, Romains et Wisigoths étaient chargés de protéger cette enclave. La domination arabe a transformé complètement la ville, la disposition de ses rues étroites et sinueuses à l’intérieur de la muraille, ayant perduré jusqu’à nos jours.

Au XIème siècle, Segorbe apparaît comme une authentique ville muraillée, demeurant au pouvoir des musulmans jusqu’à la deuxième moitié du XIIIème siècle.

Jaime I l’incorpore à la couronne d’Aragon en 1245 après un pacte avec « Sayyid » Abú Zaid, ancien roi maure de Valence exilé par son opposant Zayyan, pacte par lequel Abú Zaid conserverait Segorbe en échange de sa fidélité à la couronne.

Segorbe, déjà sous l’ordre chrétien, est devenue la résidence du roi d’Aragon Martín el Humano, marié avec María de Luna, dame de Segorbe. Au XVème siècle, Segorbe devient un Duché, son premier Duc étant l’infant M. Enrique d’Aragon et Pimentel, qui passera à l’histoire sous le nom de « Infante Fortuna » . Au XVIème siècle, Alfonso d’Aragon et Sicile, deuxième Duc de Segorbe, ordonne la construction du palais ducal sur la place de l’Agua Limpia, y transférant, sa résidence et abandonnant le château pour toujours.

C’est à partir de là que le château sera démantelé pour utiliser les pierres de ses murs pour diverses constructions : Cathédrale, Ancien Hôpital, etc. et ce sera le XVIIIème siècle le dernier siècle à pouvoir contempler les restes de sa splendeur. Pendant les guerres carlines un fort a été construit dont les restes sont encore conservés.